Danièle POURTAUD

Sénatrice de Paris, Conseillère du 16ème arrondissement de Paris


Nous ne partons pas de rien, car après la loi ROUDY de 1983, depuis deux ans et demi, avec le gouvernement de Lionel JOSPIN, l’Histoire s’est accélérée. Pour m’en tenir au domaine qui nous occupe aujourd’hui.

Aujourd’hui, on peut considérer que les hommes et les femmes ont les mêmes droits dans notre pays, mais il nous faudra tous faire encore preuve de beaucoup de volonté politique pour que l’égalité de droit entre dans les faits.

LES CHANTIERS LÉGISLATIFS

Elle crée notamment pour les entreprises une obligation de négocier, tous les ans, sur l’égalité entre les hommes et les femmes au niveau de l’entreprise, sous peine de sanction pénale. Pour les branches, une périodicité de trois ans est fixée.

Cette obligation de négocier est une avancée très positive par rapport aux dispositions de la loi ROUDY de 1983, qui n’avaient qu’une valeur incitative qui ont été peu appliquées dans les entreprises.

La loi prévoit «une représentation équilibrée des deux sexes» dans les jurys de concours et autres comités de sélection.

Plus il y aura de femmes à des postes élevés et plus les problèmes des femmes pourront être pris en compte.

Même si les femmes sont de plus en plus présentes dans les syndicats, elles y sont encore sous-représentées. Par ailleurs, je suis intéressée par l’idée de désigner une déléguée à l’égalité professionnelle dans l’entreprise.

Je crois beaucoup à l’approche transversale : c’est-à-dire multiplier les dispositions, destinées à rétablir l’égalité des chances entre les hommes et les femmes dans tous les textes débattus au Parlement. Ce n’est plus à travers des grandes lois mais donc plutôt par touches successives.

CHANGER LES MENTALITÉS DE DIFFÉRENTES MANIÈRES

Actuellement, dans leur formation initiale, les filles s’orientent trop souvent dans les filières qui sont traditionnellement réservées aux femmes.

Cela n’a rien d’étonnant quand on voit l’image du rôle des femmes qui est encore véhiculée dans les livres scolaires.
Les mêmes réflexions peuvent s’appliquer aux programmes audiovisuels et en particulier à ceux destinés aux enfants.

Il est très important qu’on leur permette de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Il est inacceptable que les tâches ménagères et l’éducation des enfants reposent encore à 80 % sur les femmes.

Il est clair qu’il nous faudra améliorer et diversifier les modes de gardes pour les enfants de moins de trois ans. Actuellement, la moitié des familles françaises n’est pas satisfaite du mode de garde qu’elle a dû adopter.

Mais pour gagner ce combat là, pour que les femmes puissent s’épanouir dans leur choix professionnel, nous avons aussi besoin des hommes et cela passe, par exemple, par davantage d’hommes qui prennent le congé parental.

Je peux néanmoins vous dire que je ne suis pas favorable au salaire de la mère au foyer mais je pense qu’il y a des pistes à explorer pour valoriser le travail des femmes ; les questions de Madame MARCILLACY sont intéressantes.

Il est bien clair que «les femmes n’ont plus à prouver leurs compétences, elles ont seulement besoin qu’on ne les empêche pas de les exercer» comme le dit très justement Jeanine MOSSUZ LAVAU.

Citons la phrase du Premier ministre, prononcée il y a deux jours : «La marche vers cet idéal moderne de l’égalité entre les femmes et les hommes suscitera encore bien des résistances, mais elle est un mouvement nécessaire et irréversible.»


Retour au sommaire du colloque