Dominique MARCILHACY

Membre du Conseil Économique et Social (CES)


Des distractions futiles auxquelles se livrent les femmes de retour chez elles après le travail…

I – le constat : les femmes qui ont des enfants passent plus 50 heures par semaine à se distraire derrière leurs fourneaux

Chiffrage économique : bien que demandé par l’ONU, le travail domestique féminin n’apparaît pas dans le PIB… Evalué au SMIC, c’est pourtant autour de 750 MDF/an. Avec deux enfants, une femme y consacre 52h 40 et un hommes 28h 35. La part consacrée aux enfants est de 28 h 10 pour une femme et 7h 50 pour un homme. La participation des hommes baisse avec le nombre d’enfants. 

80 % des tâches ingrates sont faites par les femmes : les hommes se spécialisent dans le bricolage et le jardinage mais n’assurent que 11% du linge, 17% du ménage, 19 % des soins aux enfants, 20% de la cuisine et 24% de la vaisselle. 

Conséquences :

II – Le travail au foyer : affaire publique ou affaire privée ? 

A- Le travail domestique n’est que peu pris en compte par l’État : 

B- pourtant, l’État en tire largement profit 

III – Que faire pour rendre justice aux femmes ? 

A - On peut rêver …

Que les hommes vont partager davantage et que, chacun étant pareillement pénalisé, la vie professionnelle des femmes ne s’en ressente pas. Mais ce n’est pas pour demain : la participation des hommes est passée de 32 % des travaux (bricolage et jardinage compris) à 35 % entre 1986 et 1999. L’égalité pour 2050 ? 

B – On peut sortir du schéma machiste : 

  1. Permettre aux femmes d’être mères au moment où elles le veulent (et le peuvent) : cesser de suspecter l’Allocation Parentale d’Éducation (une femme a le droit de rester au foyer si elle en le désire : c’est une activité utile), organiser le retour à l’emploi après les interruptions (formation professionnelle), élargir la durée de vie professionnelle des femmes pour la synchroniser avec leur vie biologique.

  2. Organiser la vie sociale pour la garde des enfants : l’enfant de plus de 3 ans vit toujours : pourquoi rien n’est-il fait pour lui au sortir de l’école, durant les si nombreuses vacances scolaires ? 

  3. Adapter le monde de l’entreprise : les horaires de travail doivent être compatibles avec la vie de famille (notamment pour les cadres), le temps partiel doit être de droit pour les mères (et les pères) de famille nombreuse.

Conclusion : Citons Sylviane AGACINSKY («politique des sexes », Le Seuil, 1998) : « Il faudrait se demander pourquoi on accepta si facilement de dévaloriser le travail (et le statut ) des femmes à leur foyer au lieu de critiquer l’exploitation dont il faisait l’objet »


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