Extraits d'une lettre adressée à la suite du colloque


Après une première partie très élogieuse sur la forme et le contenu du colloque, son auteur adresse quelques critiques qui nous ont paru extrêmement intéressantes et susceptibles de refléter le "public" dans le compte rendu des actes :

"Permettez-moi cependant de marquer mes réserves à l'égard de plusieurs éléments de cette importante et sûrement féconde discussion.

Les droits des femmes sont-ils les mêmes pour toutes les femmes ? 

Le droit, évoqué précédemment, le droit de faire carrière concerne-t-il toutes les femmes ? 

N'est-il pas avant tout réclamé par une certaine catégorie de femmes, celle des plus "riches" ? 

J'utilise ce terme "riche" non pas au sens étroit de la richesse financière. J'entends par femmes riches, celles qui ont beaucoup reçu, femmes supérieures par leur intelligence, leurs talents multiples…femmes aussi qui ont vécu leur jeunesse dans des conditions privilégiées d'éducation familiale, celles qui ont été instruites dans les meilleurs établissements, celles qui ont réussi les plus difficiles concours.

Mais pensons à d'autres catégories de femmes moins gâtées par l'existence pour qui le travail professionnel prendra l'aspect d'une tâche pesante, répétitive, sans envergure. 

On n'a pas du tout évoqué ces femmes pourtant si nombreuses dont la revendication ne peut pas être de faire carrière, mais qui préféreraient pour beaucoup d'entre elles être délivrées de ces labeurs épuisants… 

Ces femmes ne préféreraient-elles pas échapper à ces tâches serviles et rester chez elles pour élever leurs enfants ? 

Ne faudrait-il pas cesser de confondre travail et carrière professionnelle ? 

Il y a un travail de la femme au foyer… (et en accordant un salaire maternel) à la femme au foyer qui se consacrerait à l'éducation de ses enfants, remplissant ainsi une tâche prioritaire pour la Société, on rétablirait ainsi une véritable égalité : celle qui consisterait à rétribuer tout service socialement profitable et à respecter le libre choix de toute femme quant au but à donner à son existence."

Geneviève SEVEL
Agrégée de philosophie retraitée


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