Présidente du CIFF-CIDF de Boulogne-Billancourt
Nous remercions les différents intervenants au présent colloque, car ils nous ont permis, à la fois de faire un très riche bilan sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, et en même temps de mesurer par les réponses apportées par les uns et les autres que les solutions ne peuvent exclusivement découler des règles du droit du travail, ni même du droit tout court.
Quand le fait résiste au droit, se montre têtu, c'est peut-être qu'on n'a pas trouvé la bonne manière de l'aborder ou qu'il faudra envisager de le contourner.
L'ensemble des débats a révélé que si une égalité en droit a été atteinte entre hommes et femmes dans l'accès au travail et le travail lui-même, les inégalités en fait persistent, tant dans les carrières que dans les rémunérations. Ce qui est remarquable, c'est que la prise de conscience est unanime et transversale à tous les courants de pensée. Les participants déplorent tous cette inégalité et pensent que si la marche vers l'égalité est bien avancée, la complète égalité n'est pas pour demain en raison de la résistance des mentalités.
Au-delà du constat des inégalités persistantes et de la bonne volonté des différents participants, on peut légitimement se demander de quelle "égalité" on se préoccupe et quelle en est la finalité.
Il semble qu'on ne puisse réduire la problématique de l'égalité professionnelle à une simple question arithmétique, comme le nom même d'égalité pourrait le laisser supposer. Il y a bien autre chose derrière : un choix de Société qui est lui qualitatif.
L'acuité du sujet de l'égalité professionnelle est amplifiée par les nouveaux modes de vie des Français. Dans une société individualiste et même d'une certaine façon égocentrique, où les couples se dissolvent plus vite et plus souvent qu'autrefois, il est parfaitement inacceptable que les femmes puissent subir un déroulement de carrière amputé du temps qu'elles auront consacré à l'éducation des enfants, puis par voie de conséquence une retraite diminuée en raison des retards accumulés. Il y a là une question de justice sociale.
Ce n'est pas forcément au droit du travail et aux acteurs du monde socioprofessionnel, à supporter exclusivement cette injustice qui résulte de paramètres divers.
Les CIFF-CIDF sont là pour rappeler l'intérêt des démarches transversales. Certains des freins à l'égalité professionnelle seront difficiles à contourner, tant ils relèvent de la nature des choses. On songe plus particulièrement à tout ce qui relève de la difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle qu'on ne pourra raisonnablement éliminer en décrétant que désormais les hommes et les femmes partageront à égalité le temps consacré aux tâches domestiques et aux enfants.
En admettant que cela soit bon, les mentalités ne sont pas prêtes à être ainsi bousculées. Alors, en attendant, que peut-on faire ?
La balle est peut-être aussi du côté des systèmes d'assurance, dans la recherche de nouvelles règles de responsabilité encadrant la vie à deux…
En tout cas, il nous est apparu qu'il y avait urgence.