Ancien ministre, Conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais
L’égalité professionnelle a très peu progressé depuis la loi ROUDY de 1983.
La proposition de loi de Catherine GENISSON sur l’égalité professionnelle apporte peu d’avancées alors que le nombre d’années qui se sont écoulées depuis la loi de 1983 représente près d’une génération.
La loi GENISSON aurait dû être l’occasion d’un débat général et aurait pu permettre de se poser les bonnes questions, et en particulier celle de l’égalité des chances entre les garçons et les filles dans l’orientation scolaire et l’orientation post bac.
Il faut remarquer en effet que les filles ne se dirigent pas vers les sections techniques et professionnelles qui créent de l’emploi.
Il y a eu des évolutions sociales avec l’augmentation de la part des filles dans certaines formations, par exemple pour les hauts fonctionnaires de la fonction publique.
Mais se pose aussi pour les femmes, en particulier pour les mères de famille, le difficile problème de la mobilité professionnelle : étant moins mobiles que les hommes, cela nuit à leurs carrières.
Se pose aussi, encore aujourd’hui, le problème de l’incidence négative pour les femmes de leurs maternités sur le déroulement de leurs carrières, et donc sur l’évolution de leur salaire.
Aucune formation politique n’a posé les bonnes questions dans les domaines suivants :
l’orientation : comment mener les filles vers des formations permettant l’accès à des métiers porteurs d’avenir ;
valorisation du travail des femmes ;
valorisation de la vie familiale.
Quelle peut-être l’action des Conseils Régionaux pour faire avancer l’égalité professionnelle :
encourager les lycées, car ils en ont la charge, à orienter les filles vers tous les métiers ;
encourager la création d’entreprises.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, il existe le «coup de pouce pour l’emploi», aide spécifique en direction des femmes pour la garantie des emprunts et le financement de la création d’entreprise.