Odile FOURCADE

Conseiller Général des Hauts de Seine


Il faut distinguer trois types d’activités professionnelles : l’activité politique, l’activité au sein de l’administration et l’activité du secteur concurrentiel divisé lui-même en deux : le secteur libéral et le secteur de l’entreprise.

Dans le monde politique en France, les femmes sont minoritaires à tous les niveaux. 

Si elles représentent 53 % de l’électorat, elles sont à peine 10 % à l’Assemblée Nationale et 6 % au Sénat… 

C’est sur le plan local, dans les conseils municipaux qu’elles sont les plus nombreuses. Plusieurs explications sont possibles, en particulier le mode de scrutin qui détermine la composition d’une assemblée. Lors des élections municipales, régionales et européennes où s’appliquent des scrutins de listes, les femmes sont plus nombreuses depuis quelques années. En effet, les partis politiques ont compris qu’il fallait faire quelques avancées dans ce domaine. 

Lors des élections cantonales, législatives et présidentielles en revanche, le scrutin uninominal défavorise les femmes. Il est plus difficile de se présenter seule sans l’appui d’une liste, et le soutien des partis politiques, encore très «machistes», ne leur est pas toujours acquis. 

C’est pourquoi, en dépit du goût amer de la loi sur la parité qui comptabilise les femmes comme une catégorie à part et devant la carence de volonté politique des partis, l’État devait réagir. Néanmoins, un système de primaires obligeant les partis aurait été plus démocratique.

Au sein de l’administration française, en revanche, et à la lumière des services du Conseil général des Hauts de Seine ou 78,3 % des salariés sont des femmes, avec un taux de travail à temps partiel de 16 % seulement et une fidélisation de 80.9 %, le problème se pose presque en sens inverse. 

Les femmes y trouvent, par la voie des concours administratifs, une assurance de progression de carrière tout au long de leur vie, une sécurité de l’emploi malgré leurs obligations familiales, et des avantages sociaux non négligeables pour leurs repas, leur logement, leurs enfants, leurs loisirs… (une crèche départementale sur le lieu du travail, réservée aux enfants du personnel, a une grande amplitude horaire). 

C’est un exemple que les entreprises devraient méditer.

En effet, dans le secteur concurrentiel, seules les professions libérales offrent aux femmes une liberté d’organisation de leur temps de travail et si elles sont majoritaires dans les métiers juridiques, du journalisme, de la santé, elles sont particulièrement absentes dans l’entreprise. 

Pourtant les textes existent qui incitent, voire contraignent celle-ci à promouvoir les femmes. Avant de faire d’autres textes autoritaires, il faudrait que les syndicats jouent leur rôle, et mettant de côté la politique, les inciter à se battre, en liaison avec le patronat, sur l’application du droit du travail.

L’arsenal législatif devrait être suffisant. Néanmoins, afin que les femmes aient la liberté de leur choix de vie : avoir une activité professionnelle ou s’occuper de leur famille et revenir vers l’emploi lorsque leur situation familiale a changé, il faudrait reprendre la réflexion sur le salaire maternel. 

Restent les personnes en grande difficulté. C’est au niveau le plus local, département ou commune, que des solutions doivent être apportées par la mise en place de services de proximité pour tous avec une prise en charge des dépenses en relation avec les revenus de la famille. Les associations doivent être soutenues dès qu’elles apportent un plus à l’enfant, à ses parents et à la famille dans le respect du choix de chacun.


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